37 morts en détention parmi 67 mineurs présumés illégaux, enquête et sanctions lancées
Trente-sept personnes soupçonnées d'exploitation minière illégale sont mortes en détention dans l'État du Niger, au centre du Nigeria, dans la matinée du jeudi 17 septembre 2026. Le gouverneur Mohammed Umaru Bago a annoncé qu'un total de 67 suspects étaient détenus dans une cellule de la défense civile à Minna, la capitale régionale, lorsque la tragédie s'est produite. Les décès seraient dus à une asphyxie causée par la surpopulation et une ventilation insuffisante.
Le président Bola Tinubu a ordonné une enquête approfondie, urgente et transparente sur ces décès. Dans sa déclaration, il a rappelé que les personnes soupçonnées d'exploitation minière illégale conservent leur droit à la vie, à la dignité et à un traitement humain. Le gouvernement fédéral a suspendu le commandant de l'État du Niger du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC), Suberu Siyaka Aniviye. Le 20 septembre, les autorités ont annoncé la création d'un comité de dix membres chargé d'enquêter sur les circonstances de ces décès et ont suspendu vingt autres membres du personnel du NSCDC.
Le gouverneur Bago a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne électorale en vue des élections présidentielle, législatives et sénatoriales prévues en janvier. Une vidéo de 40 secondes mise en ligne montre les corps de dizaines de jeunes hommes gisant au sol en extérieur, semblant pour la plupart être des adolescents. Des volontaires dotés de gants les examinent tandis que des femmes cherchent parmi eux des proches.
Ces morts ont déclenché des manifestations de groupes de mineurs et de sympathisants dans la capitale régionale, où des voitures ont notamment été saccagées. La défense civile avait déclaré avoir appréhendé des dizaines de mineurs présumés illégaux mardi et mercredi. Selon un rapport de renseignement consulté par l'Agence France-Presse, les décès seraient dus à la surpopulation et à une ventilation insuffisante au sein du centre de détention.
Questions sur le respect des procédures légales
Selon la constitution nigériane, les suspects détenus doivent être présentés devant un tribunal dans un délai raisonnable : généralement dans un délai d'un jour si un tribunal est disponible dans un rayon de 40 kilomètres, ou de deux jours autrement. Les circonstances de cette détention soulèvent des interrogations quant au respect de ces dispositions constitutionnelles.
Un secteur minier artisanal dominant mais informel
L'État du Niger, grand comme plus de deux fois la Belgique, est riche en ressources minérales et attire des milliers de mineurs artisanaux qui extraient majoritairement de l'or. Les mineurs artisanaux et à petite échelle dominent plus de 70 % du paysage minier nigérian, un secteur qui fonctionne en grande partie de manière informelle tout en fournissant des moyens de subsistance à des millions de Nigérians dans les communautés rurales.
Selon une estimation de la Chambre des représentants de 2025, le Nigeria perdrait environ 9 milliards de dollars par an à cause de l'exploitation minière illégale, en raison de la perte de redevances, de taxes, de revenus d'exportation et d'opportunités industrielles. Cette lutte pour les bénéfices de l'extraction illégale alimente la violence de gangs criminels, connus localement sous le nom de bandits, qui taxent les mineurs et exigent une part du minerai extrait comme redevance pour permettre l'accès aux puits miniers.
Un contexte de tensions et de violence
Les tensions entre les forces de sécurité et les mineurs illégaux ne sont pas nouvelles. En février 2026, un agent de sécurité a été tué par des mineurs illégaux dans la zone de gouvernement local de Bosso, dans l'État du Niger, lors d'une opération de répression. Le véhicule de patrouille du NSCDC avait été incendié par des mineurs présumés illégaux.
L'État du Niger a connu ces dernières semaines une série d'enlèvements largement imputés aux bandits et aux djihadistes Lakurawa venus du nord-ouest, qui se sont établis dans cet État du centre, attirés par ses terres arables et ses gisements minéraux. Selon plusieurs rapports, la majeure partie de l'or extrait illégalement dans l'État du Niger serait introduite en contrebande aux Émirats arabes unis et blanchie dans la chaîne d'approvisionnement mondiale.









