La justice hondurienne blanchit l'ex-président Hernandez après sa grâce américaine
La justice du Honduras a prononcé, mardi 1er septembre, un non-lieu à l'égard de l'ancien président Juan Orlando Hernandez dans une affaire de détournement de fonds publics. Cette décision intervient après que le dirigeant de 57 ans a été gracié par le président américain Donald Trump en novembre 2025, suite à sa condamnation aux États-Unis pour trafic de drogue.
L'ex-chef d'État, qui a dirigé le Honduras entre 2014 et 2022 après avoir présidé le Congrès national de 2010 à 2014, était accusé d'avoir détourné 2 millions de dollars de fonds publics destinés au financement de sa campagne présidentielle de 2013.
Un juge a estimé que Juan Orlando Hernandez n'avait ni autorisé ni administré ces fonds, selon Carlos Silva, porte-parole du pouvoir judiciaire. Le magistrat a également souligné que l'ancien président n'avait pas enregistré d'augmentation de son patrimoine, justifiant ainsi le prononcé d'un non-lieu définitif.
Une trajectoire judiciaire controversée
Cette affaire s'inscrit dans un parcours judiciaire complexe. Quelques semaines après avoir quitté le pouvoir le 27 janvier 2022, Juan Orlando Hernandez a été arrêté le 15 février 2022 par les autorités honduriennes à la demande des États-Unis. Il est devenu le 21 avril 2022 le premier ancien président du Honduras extradé vers les États-Unis pour répondre d'accusations de trafic de drogue.
En 2024, la justice américaine l'a reconnu coupable d'avoir protégé et participé à un réseau de trafic ayant acheminé plus de 400 tonnes de cocaïne vers les États-Unis. Il a été condamné à quarante-cinq ans de prison et à une amende de 8 millions de dollars. Son frère cadet, Juan Antonio « Tony » Hernandez, ancien député, avait déjà été condamné en 2019 à la prison à perpétuité pour trafic de drogue aux États-Unis.
Emprisonné dans un établissement pénitentiaire fédéral de Virginie-Occidentale, Juan Orlando Hernandez a été libéré le 1er décembre 2025 après avoir purgé environ dix-neuf mois de sa peine. Sa grâce présidentielle, annoncée par Donald Trump le 28 novembre 2025 via Truth Social, coïncidait avec le soutien du président américain au candidat conservateur Nasry « Tito » Asfura lors de l'élection présidentielle hondurienne. Cette décision a suscité des critiques au sein du Congrès américain, des élus des deux bords politiques remettant en question le bien-fondé de cette clémence.
Clôture d'un chapitre judiciaire
De retour au Honduras le 26 juillet, l'ancien président s'est félicité devant le tribunal de Tegucigalpa de la clôture de ce qu'il qualifie de « persécution politique ». Il a déclaré que ce chapitre judiciaire se refermait définitivement, après celui déjà clos aux États-Unis grâce à la grâce présidentielle.
Le parcours de Juan Orlando Hernandez illustre les liens complexes entre pouvoir politique et criminalité organisée en Amérique centrale. Sa présidence a été marquée par des accusations de corruption et de violations des droits humains, notamment à l'encontre de journalistes et de défenseurs de l'environnement, selon plusieurs organisations internationales.









