Justice

3 min de lecture

Marie Lambert

L'AMF alerte sur BitKelTrade, une plateforme frauduleuse qui usurpe l'identité de médias français

L'Autorité des marchés financiers met en garde contre une arnaque d'envergure qui utilise de faux sites d'information imitant Le Monde, Le Figaro et d'autres médias pour attirer les épargnants vers une plateforme de trading non autorisée.

4ce17e0_upload-1-ao4zn1djcrjz-000-par7572575.jpg

L'AMF alerte sur BitKelTrade, une plateforme frauduleuse qui usurpe l'identité de médias français

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé mercredi 19 août une alerte concernant BitKelTrade, une plateforme de trading frauduleuse qui exploite l'identité visuelle de médias français renommés pour piéger les investisseurs. Cette mise en garde s'inscrit dans un contexte plus large de lutte contre la fraude en ligne, l'AMF ayant recensé plus de 3 200 plateformes d'investissement non autorisées sur sa liste noire en juin 2026, dont 38 ajouts depuis le début de l'année.

Un réseau de faux sites d'information

Selon l'AMF, plusieurs faux sites ont récemment été créés en reprenant l'apparence de médias français établis tels que Le Monde, Le Figaro, France Info ou TF1. Ces sites diffusent de faux articles mettant en scène des personnalités françaises du monde économique, politique, sportif ou audiovisuel, leur attribuant de fausses déclarations ou de prétendus investissements réalisés via BitKelTrade, une plateforme qui prétend s'appuyer sur l'intelligence artificielle.

L'un de ces sites frauduleux va jusqu'à évoquer un pseudo-programme gouvernemental qui serait supervisé ou administré par l'AMF elle-même. L'autorité précise avoir identifié les adresses des faux sites d'information et les a rendues publiques.

Un phénomène international

Ce type d'arnaque dépasse largement les frontières françaises. En Belgique, l'Autorité des services et marchés financiers (FSMA) a émis le 10 août 2026 une alerte spécifique concernant BitKelTrade, identifiant également de faux sites imitant des médias belges comme HLN, Le Soir, La Libre et Euronews.

À l'échelle mondiale, l'entreprise de cybersécurité CTM360 a recensé en 2025 plus de 17 000 faux sites d'information dans 50 pays qui imitent des marques médiatiques reconnues comme CNN, BBC et CNBC pour promouvoir des fraudes à l'investissement. Aux États-Unis, la Federal Trade Commission a rapporté que les consommateurs ont perdu 5,7 milliards de dollars dans des arnaques à l'investissement l'année précédente, soit une hausse de 24% par rapport à 2023.

Des techniques de manipulation sophistiquées

Les escrocs emploient des méthodes de plus en plus élaborées, notamment l'utilisation de l'intelligence artificielle et de la technologie deepfake pour créer de fausses vidéos d'endorsement par des célébrités. Au Royaume-Uni, ces fausses publicités de célébrités ont causé des pertes dépassant 10 millions de livres sterling en un an, tandis que l'Australie a constaté une augmentation de 25% des faux endorsements de personnalités.

Le mode opératoire suit généralement un schéma bien rodé : les fraudeurs achètent des publicités sponsorisées sur Google et Meta pour diriger le trafic vers ces faux sites d'information. Les victimes sont ensuite incitées à remplir un formulaire de contact et à fournir leurs coordonnées. Elles reçoivent rapidement un appel d'un faux conseiller financier qui les pousse à effectuer un dépôt initial, généralement autour de 240 à 250 dollars. Des tableaux de bord affichant de faux profits sont ensuite utilisés pour convaincre les victimes d'investir des sommes plus importantes, avant que les retraits ne soient bloqués.

Absence d'autorisation et sanctions légales

L'AMF souligne que BitKelTrade ne dispose d'aucune autorisation au sein de l'Union européenne et que le site Bitkelttrade.com a été inscrit sur la liste noire de l'autorité. En France, l'exercice de services d'investissement sans autorisation réglementaire constitue une infraction pénale passible de sanctions.

Face à ces risques, l'AMF recommande aux épargnants de ne pas donner suite à ces sollicitations et de ne transmettre aucune donnée personnelle. L'autorité rappelle qu'il convient de se méfier des sites de trading qui promettent des gains rapides et irréalistes, un signal d'alerte caractéristique des arnaques en ligne.

Données personnellesIntelligence artificielleCybersécurité
← Retour à Justice

À lire aussi