Justice

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Marie Lambert

Mort de Paul Varry : Ariel M. libéré sous bracelet électronique avant son procès pour meurtre

La cour d'appel de Paris a décidé, jeudi 29 octobre 2026, de remettre en liberté Ariel M., 54 ans, avec une assignation à résidence sous surveillance électronique. Accusé d'avoir volontairement tué le cycliste Paul Varry le 15 octobre 2024, il doit comparaître devant la cour d'assises à une date en…

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Une caution de 40 000 euros et une interdiction de conduire

Selon 20 Minutes, qui reprend l'AFP, Ariel M. est placé sous contrôle judiciaire et assigné à résidence avec un bracelet électronique. Le Parisien précise que sa libération est assortie d'une caution de 40 000 euros. Il ne peut conduire aucun véhicule terrestre à moteur.

Le ministère public demandait qu'il reste détenu. L'avocat général a invoqué le trouble durable à l'ordre public provoqué par l'affaire et le choc subi par la communauté des cyclistes. Il a également fait valoir que les ressources financières du suspect et ses attaches à l'étranger pouvaient lui permettre de fuir, alors qu'il encourt 30 ans de réclusion. D'après 20 Minutes et l'AFP, le parquet évoquait notamment un risque de départ vers Israël, où Ariel M. aurait des attaches.

La défense conteste ce risque. Cité par Le Parisien, Me Fabien Arakelian assure que son client comparaîtra devant les jurés : "Il a toutes ses attaches en France et n'a aucune intention de prendre la fuite". L'avocat décrit aussi l'affaire comme "un drame absolu".

Avec Caroline Toby, qui défend également Ariel M., il a salué une décision "logique et respectueuse du droit". Les deux avocats estiment qu'aucun critère ne justifiait plus le maintien de leur client en détention provisoire.

Plusieurs décisions successives sur la détention

Incarcéré après la mort de Paul Varry, Ariel M. avait obtenu deux remises en liberté, toutes deux suivies d'une réincarcération décidée en appel. Cette fois, la cour a fait droit à la demande de la défense.

Le 17 avril 2026, le juge des libertés et de la détention avait autorisé sa sortie sous surveillance électronique. La cour d'appel l'avait renvoyé en détention le 27 avril, dix jours plus tard, en considérant qu'un départ à l'étranger restait un risque.

Une autre demande avait été refusée le 21 juillet 2026. Lors de cette audience, le représentant du ministère public avait affirmé qu'Ariel M. "a passé sa vie à s'affranchir des règles de conduite" et que "ce jour-là, il a utilisé son véhicule de luxe comme une arme".

Une expertise ayant mis en cause la thèse de l'accident

Le dossier comprend une expertise en accidentologie remise en mai 2025 et révélée par Le Figaro. Les experts ont constaté que le Mercedes GLE400 fonctionnait correctement et conclu qu'il "n'est pas techniquement en mesure d'accélérer et d'actionner le volant de direction de manière autonome".

D'après leurs conclusions, le conducteur a nécessairement agi sur le volant pour orienter les roues vers la gauche. La presse a interprété ces éléments comme une remise en cause de la thèse accidentelle. Ariel M. a depuis été renvoyé devant la cour d'assises pour meurtre.

L'engagement de Paul Varry et les suites de sa mort

Âgé de 27 ans lorsqu'il a été tué, Paul Varry était développeur Android et venait de La Faurie, dans les Hautes-Alpes. Au sein de Paris en selle, il animait le groupe local Paris Centre en tant que référent. Son engagement portait notamment sur la création d'aménagements séparant les cyclistes de la circulation automobile.

Le ministère des Transports a lancé le 21 octobre 2024, après sa mort, une mission de quatre mois sur les violences routières, confiée à Emmanuel Barbe. Remis en avril 2025, le rapport présente quarante recommandations, dont dix-huit considérées comme prioritaires.

Paris lui a rendu hommage le 9 juillet 2025 en donnant son nom à la piste cyclable qui relie les places de la République et de l'Opéra. Paul Varry avait contribué à sa conception. C'était la première fois que la Ville attribuait un nom à une piste cyclable.

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