Climat

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Élise Rousseau

L'été record de chaleur pèse lourdement sur les comptes de la SNCF malgré 30 millions de voyageurs

La SNCF a transporté 30 millions de passagers pendant l'été 2026, un niveau comparable à 2025. Mais les conditions climatiques extrêmes ont doublé les suppressions de trains et dégradé la ponctualité sur l'ensemble du réseau.

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L'été record de chaleur pèse lourdement sur les comptes de la SNCF malgré 30 millions de voyageurs

L'été 2026 restera dans les annales de la SNCF comme une saison exceptionnelle par ses défis opérationnels. Avec 30 millions de voyageurs transportés en juillet et août, l'entreprise ferroviaire affiche un bilan comparable à celui de l'année précédente, qui avait battu tous les records. Pourtant, ces chiffres masquent une réalité bien plus complexe, marquée par des perturbations climatiques sans précédent.

Jean Castex, PDG de la SNCF depuis octobre 2025 et ancien Premier ministre, a qualifié cette période d'« hors norme » lors de la présentation du bilan estival jeudi 1er octobre. La France a connu son été le plus chaud depuis le début des relevés météorologiques en 1900, selon la ministre de l'Environnement Monique Barbut. Les vagues de chaleur successives et les incendies ont profondément bouleversé l'exploitation du réseau ferré.

Des annulations massives en juin

La fin juin a constitué le point culminant des perturbations. Entre le 18 et le 22 juin, Paris et l'Île-de-France ont été placés en alerte rouge canicule, tandis que 26 départements se trouvaient en vigilance orange. Les températures ont atteint 40 à 41°C dans plusieurs régions. Face à ces conditions extrêmes, la SNCF a pris la décision inédite d'annuler préventivement 71 trains Intercités sur les axes Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, Paris-Clermont-Ferrand et Bordeaux-Marseille.

Cette mesure radicale visait à éviter des pannes de climatisation sur le matériel roulant Corail, dont certaines rames approchent les 50 ans d'âge. Ces trains anciens ne peuvent plus circuler en toute sécurité lorsque le thermomètre dépasse 33°C, leurs systèmes de climatisation présentant des risques de défaillance. La chaleur intense pose également des problèmes d'infrastructure : les rails en acier se dilatent et risquent de se déformer, tandis que les caténaires se relâchent, obligeant à réduire la vitesse ou suspendre la circulation.

Un impact généralisé sur le réseau

Jean-Aimé Mougenot, nommé directeur général de SNCF Voyageurs fin juillet après avoir débuté sa carrière comme conducteur de train en 1980, a souligné que l'objectif prioritaire était « d'assurer la continuité du service sans inconfort majeur pour les voyageurs ». Malgré ces efforts, la SNCF déplore un doublement du nombre de trains supprimés et des minutes de retard par rapport à l'été 2025.

L'entreprise se félicite néanmoins d'avoir maintenu 97 % de son plan de transport et fait circuler 726 395 trains durant les deux mois d'été. Mais la régularité s'est dégradée sur tous les segments. Les retards supérieurs à trois heures, considérés comme « grands retards », ont bondi de 50 % et ont touché 0,7 % des voyageurs en TGV et 0,8 % de ceux des Intercités.

Une saison marquée par les feux de forêt

Au-delà de la canicule, les incendies ont représenté l'autre facteur majeur de perturbation. La France a connu sa pire saison d'incendies depuis 1949, avec 115 000 hectares partis en fumée. À la mi-juillet, 23 feux actifs brûlaient simultanément sur le territoire, sur un total de 916 départs de feu enregistrés en 30 jours. Ces sinistres ont imposé des fermetures temporaires de lignes et compliqué l'acheminement des trains dans plusieurs régions.

L'impact humain de cet été exceptionnel s'est également fait sentir au-delà du secteur ferroviaire. La ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé que la vague de chaleur de juin avait causé 2 025 décès supplémentaires, principalement chez les personnes de plus de 45 ans.

Pour la SNCF, ce bilan estival soulève des questions sur l'adaptation du réseau et du matériel roulant aux changements climatiques. L'été 2026 aura démontré les limites d'infrastructures et d'équipements conçus pour des conditions météorologiques désormais dépassées, alors même que l'entreprise parvenait à maintenir un niveau de fréquentation élevé comparable au record de 2025, année où 168,4 millions de passagers avaient emprunté les TGV et services à grande vitesse.

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