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Élise Rousseau

Inondations en Argentine : plus de 2 000 personnes évacuées dans le nord-est

Les crues liées à El Niño ont contraint plus de 2 000 habitants du nord-est argentin à quitter leur domicile cette semaine. Deux ouvriers agricoles sont morts le week-end dernier. Dans le Chaco, la Protection civile prévient que les fluctuations du niveau de l'eau pourraient se prolonger pendant pl…

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Le Chaco et Corrientes touchés par les évacuations

Les deux décès ont été annoncés lundi par la Défense civile de la ville de Corrientes. Les victimes se sont noyées alors qu'elles déplaçaient du bétail pour le soustraire aux inondations.

Dans la province de Corrientes, les chiffres de la Défense civile rendus publics mercredi font état d'un millier d'habitants ayant dû partir de chez eux. La province voisine du Chaco compte, elle, entre 1 200 et 1 300 personnes mises à l'abri, selon Gustavo Santos, responsable de la Protection civile locale interrogé par l'AFP. Il avertit que le phénomène "va durer quelques mois, le niveau du fleuve va monter et descendre sans cesse".

À Paso de la Patria, une ville touristique de la province de Corrientes, la montée du Paraná a fait céder une digue de retenue. L'eau a alors envahi plusieurs quartiers. Par endroits, les maisons sont submergées jusqu'au toit ; sur un terrain de football, la barre transversale d'un but est le seul élément encore visible.

Rencontré par l'AFP près de sa maison inondée, Juan Pablo Gómez témoigne : "Pour l'instant, je tiens bon ici, chez moi. D'un jour à l'autre, un mètre d'eau s'est engouffré chez moi".

Des perturbations aux barrages, aux frontières et à Iguazú

Les pluies accumulées ces dernières semaines ont gonflé le Paraná, l'Uruguay et l'Iguazú. Ces fleuves longent, selon leur parcours, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay ou l'Uruguay. Les effets des crues étaient déjà signalés à la mi-octobre sur les infrastructures et les accès à certains sites.

La centrale hydroélectrique argentino-paraguayenne de Yacyretá a ainsi dû ouvrir ses vannes principales afin d'évacuer l'eau accumulée. Le bulletin d'alerte hydrologique de l'Entité binationale Yacyretá indiquait qu'au 14 octobre 2026, les débits entrant dans la retenue dépassaient de 56 % la moyenne habituelle d'octobre.

À cette date, 17 passages frontaliers reliant l'Argentine au Paraguay sur le Paraná avaient été fermés à cause de la crue. Neuf autres l'avaient été sur le fleuve Uruguay : sept avec le Brésil et deux avec l'Uruguay. Les eaux avaient franchi les seuils d'alerte ou d'évacuation.

Le parc national Iguazú a également subi la crue de l'Iguazú, un affluent du Paraná. Il restait accessible au 14 octobre 2026, mais la circulation était restreinte sur certains circuits.

L'OMM alerte sur l'intensité possible d'El Niño

Les précipitations à l'origine des crues sont liées à El Niño. Ce phénomène réchauffe les eaux de surface du Pacifique et modifie les vents ainsi que la répartition des pluies à l'échelle mondiale. Les spécialistes s'attendent à l'un des épisodes les plus intenses de ces dernières décennies.

Le 21 octobre 2026, l'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé que les eaux de surface du Pacifique tropical pourraient présenter une température supérieure de 3,8 °C à la moyenne entre novembre 2026 et janvier 2027. Celeste Saulo, sa secrétaire générale, a qualifié cette anomalie d'exceptionnelle et averti que cet épisode pourrait dépasser les échelles de suivi en usage depuis quarante ans.

Les conséquences attendues concernent aussi l'alimentation. D'après les estimations présentées par l'ONU le 21 octobre, El Niño pourrait aggraver l'insécurité alimentaire de jusqu'à 50 millions de personnes. L'organisation a déjà mobilisé plus de 50 millions de dollars de son Fonds central d'intervention d'urgence pour onze pays, parmi lesquels le Salvador, le Tchad, l'Éthiopie, la Somalie et le Soudan du Sud.

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