Au Niger, la junte reprend le contrôle d'une base militaire stratégique après une mutinerie avec l'appui russe
Les forces fidèles à la junte militaire nigérienne ont repris le contrôle de la base aérienne 101 de Niamey samedi soir, après qu'un groupe de soldats mutinés en avait pris possession en début de journée. L'opération a été menée avec l'appui du groupe paramilitaire russe Africa Corps et a causé plusieurs morts dans les rangs des insurgés, selon des sources diplomatiques et sécuritaires.
La garde présidentielle, assistée par les forces russes, a repris la base militaire stratégique située à proximité de l'aéroport international Diori-Hamani. Cette installation héberge l'état-major de la force unifiée de l'Alliance des Etats du Sahel ainsi que le quartier général d'Africa Corps.
Des tirs nourris dans la capitale
Les affrontements ont débuté vers 1 heure du matin avec des tirs et détonations dans plusieurs quartiers de Niamey, notamment aux abords de la présidence et de l'aéroport. Les mutins, dont l'identité et les revendications demeurent inconnues, avaient séquestré des militaires dans la caserne et effectué des tirs sur des sites sensibles de la capitale.
Dans un communiqué télévisé, le ministre de la défense, le général Salifou Mody, a confirmé que les autorités reprenaient progressivement le contrôle de la situation. Il a appelé la population à garder son calme et vaquer librement à ses occupations. Le signal de la télévision publique a été interrompu pendant environ une heure avant de reprendre vers 10 heures.
L'intervention russe sollicitée
L'ambassadeur de Russie à Niamey, Viktor Voropaïev, a confirmé que le Niger avait demandé l'assistance d'Africa Corps pour réprimer la mutinerie. La présence de ce groupe paramilitaire russe au sein de la base 101 a permis une intervention rapide aux côtés des forces loyalistes.
Une tentative de pénétration du palais présidentiel par des insurgés issus des forces armées nigériennes a été repoussée par la garde présidentielle, qui est restée fidèle au général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis le coup d'État de juillet 2023.
Des dizaines de soldats capturés
La télévision nationale a diffusé samedi soir des images montrant des dizaines de militaires se rendant les mains levées ou assis à terre en rangs. Certains paraissaient blessés. Parmi eux figuraient des femmes soldats. L'identité précise et les grades de ces militaires n'ont pas été révélés.
La confédération de l'Alliance des Etats du Sahel, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a condamné dans un communiqué cette
entreprise de déstabilisation
mise en échecgrâce à la
bravoure des forces républicaines loyalistes.
Appel à manifester et soutien international
Les partisans du général Tiani ont lancé un appel à manifester sur une place de Niamey. En fin d'après-midi, quelques dizaines de personnes s'étaient rassemblées au son de musique militaire célébrant le dirigeant de la junte, tandis qu'un podium était installé pour accueillir des discours.
L'Algérie, pays voisin récemment rapproché du Niger, a condamné les événements par la voix de son ministère des affaires étrangères et assuré Niamey de sa
pleine solidaritéet de son
ferme soutien.
Troisième incident de l'année
Il s'agit de la troisième fois cette année que Niamey connaît des échanges de tirs importants. En janvier et en juin, l'aéroport international et la base militaire avaient été la cible d'attaques djihadistes, rapidement repoussées. Après la première offensive, le général Tiani avait déploré une
faille dans le dispositifde sécurité ayant permis une attaque dont
l'objectif était de détruire toutes les capacités aériennesde l'armée.
Le Niger, comme ses voisins le Burkina Faso et le Mali, fait face depuis le milieu des années 2010 à des violences djihadistes. Les trois pays, tous dirigés par des juntes militaires, ont rompu leurs liens avec la France pour se tourner vers la Russie. La junte nigérienne accuse régulièrement Paris de financer les groupes extrémistes pour la déstabiliser, accusations que la France dément catégoriquement.









