Menaces de mort contre Yaïr Golan après des accusations complotistes de Sara Nétanyahou
L'entourage de Yaïr Golan, leader du parti Les Démocrates, a fait état mercredi 2 septembre d'une aggravation considérable des menaces de mort visant le principal représentant de la gauche israélienne. Ces menaces, incluant des appels au meurtre, ont explosé après que Sara Nétanyahou, épouse du premier ministre, a publiquement accusé Golan d'avoir été prévenu de l'attaque terroriste du 7 octobre 2023.
Cette accusation repose sur une théorie complotiste populaire dans une partie de la droite radicale israélienne, selon laquelle la faillite sécuritaire du 7-Octobre s'expliquerait par une prétendue trahison de l'État profond. L'allégation a provoqué de vives condamnations dans le pays, car Yaïr Golan figure sans conteste parmi les héros de cette journée tragique.
Le général de réserve, qui a servi 38 ans dans Tsahal et occupé les postes de commandant du commandement Nord, directeur des opérations de Tsahal, commandant de la division Judée-Samarie, commandant du commandement du front intérieur et chef d'état-major adjoint entre 2014 et 2017, s'était précipité sur le site du festival Nova dès le déclenchement des alertes. Selon les témoignages de l'époque, il a sauvé des vies à un moment où les autorités officielles apparaissaient totalement débordées. Golan affirme avoir pris la route vers le sud vers 8 heures du matin, soit une heure et demie après le début de l'attaque survenue à 6h30.
Un bilan tragique au festival Nova
L'attaque du Hamas au festival Nova a causé la mort de 378 personnes – 344 civils et 34 membres des forces de sécurité – et la prise en otage de 44 autres, faisant de cet événement l'attentat le plus meurtrier de l'histoire d'Israël. C'est sur ce site que Golan est intervenu spontanément, contribuant aux opérations de sauvetage dans des conditions chaotiques.
Face aux accusations de Sara Nétanyahou, Golan a adressé une lettre de mise en demeure exigeant qu'elle retire ses propos, présente des excuses publiques et effectue un don aux survivants du festival Nova, faute de quoi il engagera des poursuites judiciaires pour diffamation réclamant 2,5 millions de shekels, soit environ 825 000 dollars. L'épouse du premier ministre, qui ne bénéficie pas de l'immunité légale contrairement à son mari, a répondu en menaçant elle aussi d'intenter un procès.
Des élections historiques dans un climat de polarisation
Cet épisode intervient à quelques semaines des élections législatives prévues le 27 octobre, scrutin qui revêt une importance historique particulière. Pour la première fois depuis 1988, Israël organise des élections qui ne sont pas anticipées, le gouvernement de coalition de droite de Benyamin Nétanyahou ayant achevé un mandat complet de quatre ans.
Yaïr Golan dirige Les Démocrates, parti né en juillet 2024 de la fusion du Parti travailliste israélien et de Meretz. Cette fusion, approuvée le 12 juillet 2024 avec Golan comme chef, fait suite à son élection à la tête du Parti travailliste en mai 2024 avec 95,15 % des voix sur un programme incluant justement ce rapprochement. La formation compte aujourd'hui plus de 112 000 membres et détient actuellement 4 sièges à la Knesset. Elle représente le principal pôle d'opposition à Benyamin Nétanyahou.
Le chef des Démocrates fait toutefois déjà l'objet de controverses. En mai 2025, le ministre de la Défense Israel Katz lui a interdit d'effectuer son service de réserve, de porter l'uniforme militaire et d'accéder aux bases de l'armée, suite à des commentaires controversés sur la conduite d'Israël pendant la guerre. Cette interdiction illustre le caractère polarisant du personnage politique.
L'affaire des menaces de mort contre Golan témoigne du climat politique tendu qui règne en Israël à l'approche d'un scrutin où s'affrontent des visions radicalement opposées de l'avenir du pays. La multiplication des théories complotistes et des accusations non fondées dans le débat public suscite des inquiétudes quant au déroulement de la campagne électorale.









