Un siège conservé dans un Congrès qui bascule
Le décompte encore partiel donnait Abdul El-Sayed à environ 52 % des suffrages, contre 46 % pour Mike Rogers, après le dépouillement de plus des deux tiers des bulletins, rapporte le Detroit News le 4 novembre. Reuters décrit une course disputée et voit dans cette victoire un succès symbolique pour les progressistes démocrates.
Ce résultat prolonge les difficultés des républicains dans les élections sénatoriales du Michigan : selon NBC News, ils n'y ont remporté aucun siège depuis 1994. Mike Rogers avait déjà échoué en 2024 face à la démocrate Elissa Slotkin, avec un retard d'environ 19 000 voix, rappelle le Detroit News.
À l'échelle nationale, les démocrates avaient besoin de gagner quatre sièges républicains pour obtenir la majorité au Sénat ; 35 des 100 sièges étaient soumis au vote, selon Reuters. La BBC rapporte qu'à l'issue des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, ils ont pris le contrôle du Sénat et de la Chambre des représentants.
Selon la BBC, les démocrates ont notamment ravi aux républicains des sièges sénatoriaux au Texas, dans l'Iowa, l'Ohio et le Maine. Ils ont aussi gagné en Caroline du Sud, où le dernier sénateur démocrate remontait à 1998, et au Kansas, qui n'en avait plus élu depuis 1932.
Un médecin progressiste arrivé en politique en 2018
Fils d'immigrés égyptiens, Abdul El-Sayed a placé deux engagements au centre de sa campagne : alléger le coût de la vie des ménages et limiter le poids des grandes entreprises dans la politique. Il défend également Medicare pour tous, un système public de couverture santé universelle porté par l'aile progressiste démocrate.
Il a dirigé les services de santé du comté de Wayne et de la ville de Detroit avant de se lancer en politique en 2018, avec une candidature sans succès au poste de gouverneur du Michigan, selon NPR. Le Detroit News précise qu'il devient le premier médecin démocrate à siéger au Sénat depuis 1969.
Une primaire difficile et le ralliement de Stevens à Rogers
Avant d'affronter Mike Rogers, Abdul El-Sayed avait dû remporter une primaire serrée. Selon NPR, il avait devancé la représentante Haley Stevens d'environ un point, alors que celle-ci bénéficiait du soutien de la gouverneure Gretchen Whitmer et du sénateur sortant Gary Peters.
NBC News indique qu'un groupe affilié à l'organisation pro-israélienne AIPAC avait consacré plus de 30 millions de dollars à une tentative infructueuse de faire gagner Haley Stevens lors de cette primaire.
La représentante démocrate a finalement soutenu le candidat républicain. D'après le Detroit News, elle a assisté avec Mike Rogers à un office religieux à Detroit le 1er novembre, deux jours avant le scrutin, avant d'annoncer publiquement son ralliement.
Les dépenses consacrées à la bataille pour ce siège dépassaient 437,5 millions de dollars au 3 novembre, selon le Detroit News. Ce montant place la campagne parmi les élections sénatoriales les plus coûteuses de l'histoire américaine ; le total définitif pourrait approcher 500 millions de dollars.
Rogers, entre attaques contre son rival et prise de distance avec Trump
Ancien représentant et ancien du FBI, Mike Rogers s'était lancé avec l'appui de Donald Trump. Il a accusé son adversaire d'être un radical réceptif aux idées de l'extrémisme islamiste et proche des Frères musulmans. Abdul El-Sayed a démenti ces accusations, dénoncées par les démocrates comme des stéréotypes islamophobes.
Pour chercher à convaincre les électeurs juifs, Mike Rogers a aussi mis en avant le refus d'Abdul El-Sayed de soutenir l'aide militaire américaine à Israël. Le démocrate accuse Israël de commettre un génocide dans la bande de Gaza.
Selon l'analyse de Reuters, Mike Rogers n'a pas dissipé les préoccupations économiques des Américains et a subi les effets de la popularité au plus bas de Donald Trump. Dans les derniers jours de campagne, il s'est éloigné du président en jugeant inutiles la guerre en Iran et la guerre commerciale menée contre le Canada, voisin du Michigan.









