Trump invoque un accord avec Nétanyahou
Pour justifier sa décision, Donald Trump a présenté Israël comme "un pays florissant", capable de payer lui-même les armes achetées aux États-Unis. Il affirme s'être entendu sur cette question avec Benyamin Nétanyahou plusieurs mois auparavant. Selon son récit, le Premier ministre israélien aurait lui-même engagé la discussion.
Nétanyahou avait déjà fait part de sa volonté de réduire cette aide. En janvier 2026, il avait évoqué une diminution progressive sur la décennie suivante ; il avait également indiqué cette année vouloir ramener le soutien américain à zéro. Le calendrier annoncé par Trump prévoit donc un arrêt bien plus rapide.
Cette annonce intervient alors qu'Israël sort d'élections législatives dont les résultats ne font apparaître aucune coalition évidente. Aux États-Unis, The New York Times qualifie de "remarquable" le choix de l'annoncer à l'ouverture des bureaux de vote : le président républicain remet ainsi en cause un soutien inscrit depuis des décennies dans la politique étrangère américaine.
Un engagement qui court jusqu'en 2028
Le financement visé s'inscrit dans un mémorandum d'entente signé en 2016, sous la présidence de Barack Obama, rappellent NBC News et Politico. Cet accord de dix ans prévoit 38 milliards de dollars pour les exercices budgétaires 2019 à 2028. Chaque année, il réserve 3,3 milliards de dollars au financement militaire étranger et 500 millions à la défense antimissile.
L'échéance annoncée par Trump précède donc l'expiration du mémorandum, prévue en 2028. Selon Politico, elle laisse notamment ouverte la question d'une éventuelle approbation du Congrès. Le média souligne aussi que plus de 90 % des fonds vont à des entreprises de défense américaines : cet argent ne quitte pratiquement pas les États-Unis.
Les dépenses récentes ont dépassé le niveau annuel de base prévu par cet accord. Dans un article publié par le projet Costs of War de l'université Brown et cité par NBC News, William D. Hartung, chercheur au Quincy Institute for Responsible Statecraft, évalue à au moins 21,7 milliards de dollars l'aide militaire américaine à Israël durant les deux années qui ont suivi l'attaque du 7 octobre 2023.
Une décision contestée en pleine séquence électorale
Sur Fox News, Donald Trump a également visé Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat et adversaire de l'aide à Israël, dont il critique le coût supposé pour les Américains. Le président a demandé pourquoi les États-Unis devraient se faire "pilonner par des dingos du genre El-Sayed" pour une aide dont Israël n'aurait, selon lui, plus besoin.
L'ancienne représentante républicaine Marjorie Taylor Greene a, de son côté, suggéré sur les réseaux sociaux que les difficultés électorales des républicains expliquaient ce changement. Elle a ironisé sur les revirements que pouvait provoquer la perspective d'une déroute de son camp aux élections de mi-mandat.
En Israël, l'opposition s'en est prise à Nétanyahou. Gadi Eisenkot, ancien chef d'état-major et rival politique du Premier ministre, a déclaré que celui-ci n'était plus digne de confiance et devait être remplacé. Yair Golan, à la tête du parti de gauche Les Démocrates, a estimé que la fin de l'aide porterait gravement atteinte à la sécurité d'Israël et à la qualité de vie dans le pays.
Le Brent recule après les propos du président
Selon NBC News, le Brent a perdu 3 % après les déclarations de Donald Trump, tombant à 101 dollars le baril, son plus bas niveau depuis plus de trois semaines. Les investisseurs y ont vu un possible signe que la guerre contre l'Iran pourrait prendre fin sans escalade. Le cours est ensuite remonté à 103 dollars vers midi, heure de l'Est des États-Unis, le 3 novembre 2026.









