Une discussion sur les violences contre les personnes
Le débat intervient après les dégradations et pillages commis en marge de la mobilisation du 17 octobre 2026 contre "la vie chère", portée notamment par des lycéens. Un "acte II" du mouvement est annoncé pour le samedi 24 octobre.
Sur le plateau de "C ce soir", Marie Chureau, présentée comme activiste pour l'écologie et la justice sociale, conteste d'abord l'emploi du mot "violences" pour désigner les dommages aux commerces : "On parle beaucoup de violences sur des magasins. J'aimerais rappeler que, au sens pénal du terme, la violence c'est sur des êtres humains."
Elle évoque ensuite des lycéens qui, selon ses propos rapportés par Frédéric Debomy, ont perdu des yeux, des mains ou leur mâchoire, ou ont été étranglés du fait de violences policières. Lorsqu'elle aborde les dégradations, plusieurs interventions l'interrompent, dont celle de Laure Adler : "Vous approuvez les violences ?"
Debomy souligne que l'activiste n'exprime pourtant aucune approbation des dégradations. Il reproche à ses interlocuteurs d'assimiler la recherche d'une explication à une justification des actes, voire à un encouragement. À ses yeux, leur réaction à la distinction entre une vitrine brisée et un œil perdu témoigne aussi d'un refus d'entendre des difficultés sociales que Laure Adler ne connaîtrait pas.
La détresse sociale au cœur du désaccord
Pour Marie Chureau, la colère des manifestants est "profonde et politique". Elle refuse qu'on les réduise à des personnes pillant uniquement pour revendre sur Vinted. Des reventes de biens volés ont bien eu lieu sur cette plateforme, ainsi que sur eBay et Leboncoin. Vinted affirme appliquer une "tolérance zéro" et avoir retiré les annonces susceptibles de proposer des objets volés. Jordan Bardella et Gabriel Attal ont demandé que l'État et ces plateformes coopèrent davantage.
L'activiste invite néanmoins à examiner les liens possibles entre la précarité d'une partie de la population et certains pillages : "Il faut réfléchir à pourquoi les gens le font." Laure Adler lui oppose un "Non non." Marie Chureau raconte alors avoir vu un garçon de 14 ans emporter des sacs entiers de courses pour sa famille. Elle mentionne aussi des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant des distributions de nourriture et de vêtements à des personnes sans abri.
Laure Adler lui répond : "Mais la manifestation, ça n'est pas fait pour ça." Dans son billet, Debomy tourne cette remarque en dérision : il y voit une conception de la manifestation limitée à un défilé poli sur des sujets consensuels, même sans résultat.
Marie Chureau poursuit : "Madame, il y a 900 personnes qui sont mortes dans la rue l'année dernière. C'est ça la vraie violence. Et aujourd'hui j'aimerais bien qu'on en parle aussi." Laure Adler réplique : "Mais c'est pas le sujet."
Le chiffre invoqué renvoie au bilan du collectif Les Morts de la Rue, qui porte sur 2024 : 912 personnes sans domicile fixe sont décédées en France cette année-là, contre 826 en 2023, soit 86 de plus. Ce décompte a été publié le 30 octobre 2025.
Les aides aux commerces et la question des lycéens
Le soutien public aux commerçants constitue un autre point de la discussion. Le 19 octobre 2026, Sébastien Lecornu a annoncé un fonds de soutien spécifique et une prise en charge à 100 % du chômage partiel pour les salariés des établissements touchés. Au moins 3 000 commerces ont subi des dégradations ou des pillages ; les dégâts sont estimés à des centaines de millions d'euros.
Marie Chureau approuve l'aide annoncée aux commerçants. Mais elle estime que cette décision démontre la possibilité de mobiliser des fonds et demande pourquoi les lycéens n'en bénéficieraient pas aussi. Elle dénonce ainsi "une contradiction et une hypocrisie immense dans ce moment politique".









