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Léa Fontaine

Royaume-Uni : "Be Ready" appelle les ménages à prévoir trois jours de réserves

Eau, nourriture, argent liquide, radio : le gouvernement britannique précise ce que les habitants devraient garder chez eux pour faire face à 72 heures de perturbations. Lancée le 22 octobre 2026, la campagne "Be Ready" concerne aussi bien les intempéries que les cyberattaques et les menaces contre…

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De l'eau et des provisions pour 72 heures

Les recommandations présentées par The Guardian prévoient jusqu'à neuf litres d'eau en bouteille par personne, ainsi que de quoi se nourrir pendant trois jours. Le guide distingue l'eau destinée à la consommation, à raison de trois litres par personne et par jour, des quantités supplémentaires nécessaires pour cuisiner et se laver.

Les ménages sont également encouragés à conserver des couvertures, de l'argent liquide et une trousse de premiers secours. Une lampe de poche accompagnée de piles et une radio FM à manivelle complètent cet équipement destiné aux urgences météorologiques, informatiques ou à d'autres situations graves.

Dan Jarvis, ministre chargé de la Sécurité, a souligné que "ceux qui peuvent suivre ces conseils devraient les suivre". Il les décrit comme des "mesures simples pour se préparer aux urgences quotidiennes", dans une démarche collective "visant à améliorer notre résilience en tant que nation".

La préparation reste limitée selon les recherches gouvernementales citées au lancement : seuls 13 % des Britanniques interrogés se disent prêts à affronter une perturbation grave des services essentiels.

Une campagne de trois ans, des conseils déjà amorcés

Le Cabinet Office pilote cette campagne, dont le communiqué officiel fixe la durée à trois ans. Les recommandations publiées le 22 octobre en constituent la première étape. Plus de 500 organisations, parmi lesquelles des associations caritatives et des entreprises, s'étaient déjà inscrites pour diffuser ses messages et ses supports auprès de leurs réseaux.

"Be Ready" ne part pas de zéro : le site gouvernemental "Prepare" a été mis à jour et doté d'une nouvelle identité. L'essentiel des conseils reprend ceux diffusés depuis mai 2024. Le gouvernement avait aussi recommandé en août de constituer des réserves de conserves ; la nouvelle campagne détaille davantage les préparatifs attendus.

Des références européennes pour fixer le seuil

L'objectif de trois jours correspond à celui retenu en France, en Irlande et aux Pays-Bas. Le gouvernement britannique affirme avoir travaillé avec ces trois pays pour tirer parti de leurs pratiques. À l'échelle de l'Union européenne, la Commission avait appelé dès mars 2025 les citoyens à pouvoir subvenir à leurs besoins pendant au moins 72 heures en cas de crise, dans le cadre de sa stratégie de préparation, la Preparedness Union Strategy.

Les durées recommandées ne sont toutefois pas identiques partout. D'après BBC News, la France préconise des réserves alimentaires pour 72 heures, contre dix jours de provisions pour les foyers en Allemagne. La professeure Lucy Easthope, spécialiste de la planification des catastrophes interrogée par la BBC, estime que le Royaume-Uni accuse un retard considérable sur ses voisins en matière de préparation. Elle cite notamment la Suède et la Norvège.

Les infrastructures face aux menaces d'États hostiles

La campagne répond notamment aux inquiétudes des autorités concernant la dépendance technologique et les actions de puissances hostiles. Wes Streeting, secrétaire d'État à la Défense, appelle à préparer la Grande-Bretagne à des attaques russes ou d'autres États contre ses infrastructures de base. Il préfère parler de "terrorisme d'État", jugeant les expressions "guerre hybride" et "menaces de la zone grise" insuffisantes pour en faire comprendre la nature au public.

Pour le ministre, ces menaces "ne sont pas hypothétiques mais bien réelles" et se manifestent "de plus en plus ici même". Il demande donc de renforcer les efforts consacrés à la résilience et à la défense nationales.

Les risques de sabotage, en particulier ceux attribués à la Russie, occupent une place croissante dans les prises de parole des États européens. De tels actes peuvent perturber les services et mettre directement la sécurité en danger. En août, un drone chargé d'explosifs a notamment été découvert près d'un avion-cargo ukrainien à l'aéroport de Leipzig, en Allemagne.

La dépendance aux outils numériques a aussi été illustrée le 21 octobre : 32 sites du gouvernement britannique ont été désactivés par précaution après la découverte d'une faille dans PHP, un langage de programmation utilisé par des millions de sites à travers le monde. Le Centre national de cybersécurité britannique a adressé 50 000 alertes aux organisations concernées.

Un lancement avant les tempêtes hivernales

Les risques climatiques constituent l'autre grand volet de la campagne. Les ministres ont choisi de la lancer avant la saison des tempêtes hivernales, alors que le Royaume-Uni a subi plusieurs épisodes violents ces dernières années.

En janvier, la tempête Goretti avait privé d'électricité des dizaines de milliers de foyers dans les Midlands, le sud-ouest du pays et au pays de Galles. Les rafales avaient approché les 160 km/h.

Les autorités s'inquiètent également des effets possibles du "super El Niño". Ce phénomène météorologique mondial pourrait s'accompagner de conditions imprévisibles et faire de 2027 l'année la plus chaude jamais enregistrée.

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