Société

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Léa Fontaine

France : des citoyens de tous horizons manifestent contre la hausse du coût de la vie

Des centaines de manifestations ont rassemblé samedi des Français de toutes générations pour dénoncer l'inflation et la dégradation du pouvoir d'achat, dans un mouvement qui unit lycéens, travailleurs et anciens Gilets jaunes.

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Mobilisation contre "la vie chère": paroles de manifestants

Plus de 600 manifestations ont réuni samedi dans toute la France des citoyens aux profils variés, unis par un même mot d'ordre : dénoncer la hausse du coût de la vie. Anciens Gilets jaunes, étudiants, lycéens, fonctionnaires, agriculteurs, retraités et travailleurs indépendants ont convergé dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à l'inflation et à l'érosion de leur pouvoir d'achat.

Cette mobilisation survient après plus de trois semaines de blocages dans les lycées, initiés à la mi-septembre par des étudiants réclamant la suppression de la plateforme Parcoursup et un plan de 10 milliards d'euros pour l'éducation. Le mouvement a pris de l'ampleur avec le soutien du syndicat CGT, du parti La France Insoumise et du Parti communiste français, ainsi que de figures emblématiques du mouvement des Gilets jaunes de 2018, dont Jérôme Rodrigues, Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle.

L'inflation attise les tensions

Le contexte économique alimente les frustrations. L'inflation en France a atteint 3,0 % en septembre 2026, son niveau le plus élevé depuis février 2024, portée notamment par une hausse des prix de l'énergie de 21,2 %. Près de 45 % des Français se disent préoccupés par le coût de la vie et l'inflation, selon un sondage réalisé auprès de 2 000 personnes avant les manifestations.

À Paris, Raphaël, 19 ans, étudiant en droit, estime que la stratégie ne doit pas passer par la violence. Vêtu de noir devant la gare Montparnasse, il souligne que les lycéens ont réussi à créer une mobilisation plus efficace que certaines actions syndicales traditionnelles. Pour lui, l'objectif est de maintenir une pression constante sur les autorités.

À Montauban, Stéphanie Delbouys, éleveuse de chevaux de 49 ans, observe que le gouvernement a divisé la population, mais que les revendications convergent. Elle estime qu'au-delà des divergences politiques, tous partagent les mêmes préoccupations fondamentales et qu'il faut faire bloc pour survivre économiquement.

Des sacrifices au quotidien

Florine Pigny, tatoueuse de 36 ans en Seine-Saint-Denis, dénonce l'érosion progressive des services publics et l'enrichissement des ultra-riches qui, selon elle, ne contribuent pas suffisamment au bien commun. Elle estime qu'il faudrait davantage de solidarité fiscale pour financer la transition écologique.

À Agen, Frédéric Bordes, agent hospitalier de 58 ans, témoigne de sa difficulté à s'offrir des moments simples comme un café au bistrot ou un restaurant avec sa compagne. Se levant à 5 heures du matin ou rentrant chez lui à 23 heures, il a l'impression que son salaire part essentiellement dans les prix du carburant. Il salue la solidarité entre les générations de manifestants et juge cette colère parfaitement légitime.

Franck, quadragénaire fonctionnaire à Guéret, rappelle qu'il était déjà dans la rue en 2018, lors du premier mouvement des Gilets jaunes, déclenché alors par la hausse des prix des carburants qui atteignaient environ 1,47 euro le litre pour le diesel. Depuis, le prix du carburant a quasiment doublé, alors que les salaires n'ont pas suivi. Pour lui, le seul moyen de se faire entendre est de bloquer le plus possible, et la présence des jeunes renforce l'espoir d'un impact plus important.

Une jeunesse mobilisée

Valentin, élève de première à Guéret, se réjouit de constater la solidarité intergénérationnelle, incluant même des retraités. Il espère que cette mobilisation massive incitera le gouvernement à écouter les revendications. Il affirme ne pas être un casseur, mais prêt à participer à des blocages pour se faire entendre.

À Rennes, Sadok, danseur retraité de 68 ans, exprime sa lassitude face à l'enrichissement des élites pendant que la population étouffe. Il craint pour l'avenir des jeunes générations, notamment avec l'arrivée de l'intelligence artificielle qui pourrait supprimer de nombreux emplois. Il souhaite que cette mobilisation fasse prendre conscience aux élus de la gravité de la situation.

Julien Aurières, co-président de la Coordination rurale du Tarn-et-Garonne, manifestant devant la préfecture, établit un parallèle entre la situation des agriculteurs et celle des étudiants. Tous deux se sentent abandonnés par l'État et partagent un mal-être général face à un avenir incertain.

La veille des manifestations, le président Emmanuel Macron avait appelé au calme, rappelant que le droit de manifester s'accompagne du respect des personnes et des biens. À Paris, les autorités avaient interdit les rassemblements autour des bâtiments gouvernementaux, de l'avenue des Champs-Élysées et des gares ferroviaires. Une soixantaine de personnes ont été interpellées samedi matin dans la capitale.

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