Société

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Léa Fontaine

Roye : environ cent personnes réunies en solidarité avec les villes touchées par les violences

Une centaine de citoyens et d'élus se sont rassemblés lundi midi devant la mairie de Roye, répondant à l'appel de l'Association des maires de France après les violences du week-end qui ont touché plusieurs villes françaises.

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Roye : Une petite centaine de citoyens solidaires des villes sinistrées

Environ cent personnes se sont réunies ce lundi midi devant l'hôtel de ville de Roye pour exprimer leur solidarité avec les communes touchées par les violences du week-end. Ce rassemblement fait suite à l'appel lancé par l'Association des maires de France (AMF), qui a convié les élus du pays à se retrouver à midi devant leurs mairies respectives.

Le maire de Roye, Olivier Valin, était présent aux côtés des élus de la majorité et des deux camps de l'opposition. Ils ont été rejoints par Bruno Machefer, maire de Damery, Anne Leroyer, maire de Saint-Mard, et Pascal Pillot, maire de Tilloloy. Tous ont exprimé leur soutien aux villes sinistrées et leur préoccupation pour les commerçants impactés par les événements. Les participants n'excluent pas de se mobiliser à nouveau en fin de semaine si un nouvel appel à rassemblement est lancé.

« Comme tous citoyens français, on est touchés, très déçus et tristes des événements qui ont eu lieu ce week-end. L'objectif aujourd'hui est de montrer notre solidarité avec les villes sinistrées. Ce qui leur est arrivé aurait très bien pu nous arriver aussi », a déclaré Olivier Valin.

Des violences d'une ampleur nationale

Le week-end du 17 octobre 2026 a été marqué par des manifestations massives à travers la France. Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 500 000 personnes ont participé aux protestations, tandis que les syndicats avancent le chiffre de 800 000 manifestants. Ces mobilisations, qui ont débuté en septembre avec des lycéens dénonçant les conditions scolaires difficiles, notamment les pénuries d'enseignants et l'état des infrastructures, ont évolué en un mouvement national contre la hausse du coût de la vie.

Les événements ont cependant dégénéré dans plusieurs villes. À Limoges, la mairie a été incendiée, entraînant l'effondrement du campanile de ce bâtiment historique construit entre 1879 et 1883 et classé monument historique en 1975. À Lyon, l'office de tourisme a été incendié. À Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des mairies ou préfectures ont été vandalisées.

Les violences ont également touché de nombreux commerces. Dans la seule ville de Paris, au moins 300 établissements ont été endommagés. Des pillages ont été signalés à Marseille, Strasbourg, Rouen, Nantes, Rennes, Toulouse, Pau et Valence. Au total, plus de 2 400 personnes ont été interpellées pendant le week-end, et plus de 600 policiers et pompiers ont été blessés.

Questions sur le dispositif de sécurité

Parmi les participants au rassemblement royennais, l'indignation était palpable, mais beaucoup s'interrogeaient sur l'efficacité du maintien de l'ordre.

« On le savait qu'il y avait ces risques. Pourquoi il n'y avait pas plus de policiers aux heures critiques ? Quel est l'intérêt de laisser la situation dégénérer comme ça »
se demandait une habitante de Roye.
« C'est la stratégie du chaos : pendant ce temps-là, on ne parle plus des revendications légitimes mais de la casse »
lui a répondu un autre participant.

Ces questions font écho aux critiques formulées au niveau national. Des responsables gouvernementaux ont reconnu un manque d'anticipation dans le déploiement des forces de l'ordre, les effectifs policiers s'étant révélés insuffisants dans certaines zones malgré l'ampleur des mobilisations.

« Je comprends la colère des manifestants. Tout est devenu cher et c'est compliqué de boucler les fins de mois pour énormément de gens mais ce qu'on a vu ce week-end, la mairie de Limoges incendiée ; tous ces pillages, c'est scandaleux »
a ajouté une participante.

Ce sentiment était largement partagé dans l'assistance.

Après les allocutions des élus, une femme parisienne de passage à Roye a pris la parole pour apporter une précision :

« Il ne faut pas confondre : ce ne sont pas les lycéens qui ont cassé, pillé, mais des bandes de bandits, j'y étais hier et il faut le préciser. »

Le président Emmanuel Macron s'est exprimé dimanche soir, condamnant ceux qui

« ont cherché à faire tomber la République »
et promettant que les responsables des violences auraient à répondre de leurs actes. Cette mobilisation locale à Roye, commune de près de 6 000 habitants située à 48 kilomètres au sud-est d'Amiens, témoigne de la résonance nationale des événements du week-end et de la volonté des élus locaux d'afficher leur unité face aux destructions.

Emmanuel Macron
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