Un décompte encore partiel
Le point diffusé à 14 heures par le ministère de l'Intérieur recense 65 actions et 15 000 manifestants dans la matinée. La participation est inférieure à celle des deux samedis précédents au même stade de la journée : 108 actions et 37 000 personnes le 24 octobre, après 198 actions et 67 000 participants le 17 octobre.
Ce décompte n'inclut pas les manifestations dont le départ était prévu plus tard, notamment celle de Paris. Avant cette troisième journée, une source policière citée par l'AFP évoquait 350 actions attendues à travers le pays, susceptibles de réunir entre 350 000 et 450 000 personnes.
Les difficultés dans les transports en commun pourraient expliquer une partie du recul observé. À Lyon, Jean-Philippe Liabot, journaliste d'Euronews, constate que les tramways et les métros ne fonctionnent qu'à moitié. Dans la capitale, plus de 40 stations de métro sont fermées et la circulation des tramways est également perturbée.
Des tensions à Lyon et une vigilance pour Halloween
Dans son point de 14 heures, le ministère décrit la situation nationale comme "globalement calme, sans incident notable". Il annonce toutefois 27 interpellations, contre 217 le 24 octobre.
À Lyon, le journaliste d'Euronews signale l'usage de gaz lacrymogènes place Jean-Macé, dans le 7e arrondissement, à l'arrivée du cortège. Alors que la dispersion des manifestations commence dans certaines villes, les autorités craignent que la soirée d'Halloween ne serve de "prétexte" à des affrontements.
Au total, 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés pour cette troisième journée. Ce dispositif est qualifié d'"exceptionnel", sur fond de craintes de dégradations exprimées par le gouvernement. Le ministère de l'Intérieur avertit : "Les forces de l'ordre feront preuve de la plus grande fermeté face aux auteurs de violences et de dégradations".
Des couvre-feux ont aussi été décidés. Dans certains secteurs de Paris, la mesure s'applique de 23 h à 6 h durant deux nuits, du 31 octobre au 1er novembre puis du 1er au 2 novembre. La préfecture du Rhône a, de son côté, instauré un couvre-feu visant les mineurs non accompagnés dans une partie de Lyon.
Concernant les blessures depuis le début du mouvement, le ministre de l'Intérieur fait état de 1 193 policiers et gendarmes blessés. L'AFP rapporte que, depuis la mi-septembre, des opérations de maintien de l'ordre ont également fait plusieurs blessés graves ou mutilés parmi les manifestants, dont des mineurs.
À Paris, le parcours fixé en périphérie
Le cortège parisien doit suivre l'itinéraire proposé par la préfecture, entre la porte de Bagnolet et la porte de Charenton, en périphérie de la capitale. Les organisateurs avaient déposé un parcours reliant Bastille à Nation, autorisé par le tribunal administratif. Mais le Conseil d'État a annulé cette décision samedi 31 octobre.
Des appels à poursuivre la mobilisation en novembre
Selon l'AFP, cet acte III prolonge le mouvement lycéen et étudiant. Ses revendications portent notamment sur la suppression de Parcoursup, la rénovation des établissements scolaires et l'augmentation du nombre d'enseignants.
L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante demandent le blocage des lycées et des universités mardi et jeudi. Le jeudi 5 novembre 2026 doit aussi se tenir une journée de grève et de manifestations nationales à l'appel de l'intersyndicale.
La coordination des Gilets jaunes appelle ensuite à poursuivre la mobilisation les 6 et 7 novembre, sous le mot d'ordre "un six-seven populaire". Elle invite également les assemblées locales de convergence à une "assemblée des assemblées" pour fédérer les luttes. Ces réunions sont proposées le week-end des 21 et 22 novembre ou celui des 28 et 29 novembre, en présentiel ou en visioconférence.









