Éducation

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Nicolas Bertrand

Mobilisation lycéenne : 8 500 manifestants à Nantes et 700 à Saint-Nazaire pour l'acte V

Ce mardi 13 octobre, lycéens et enseignants se sont mobilisés massivement en Loire-Atlantique. À Pornic, deux jeunes ont été placés en garde à vue après des tensions avec les gendarmes.

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DIRECT. Mobilisation des lycéens : 8 500 manifestants à Nantes et 700 à Saint-Nazaire

La cinquième journée de mobilisation lycéenne a rassemblé ce mardi 13 octobre plusieurs milliers de manifestants en Loire-Atlantique. À Nantes, 8 500 personnes selon les autorités ont défilé depuis le miroir d'eau jusqu'au centre-ville, tandis que 700 manifestants se sont rassemblés à Saint-Nazaire devant le lycée Aristide-Briand.

Ce mouvement, qui a débuté le 21 septembre 2026 au lycée Saint-Exupéry de Créteil avec des élèves, parents et enseignants réclamant davantage de moyens pour l'éducation, s'est progressivement amplifié dans tout le pays. Lors de la précédente mobilisation du 6 octobre, entre 250 000 et 450 000 personnes avaient manifesté au niveau national, selon les sources gouvernementales et syndicales.

Tensions à Pornic et interpellations

À Pornic, la matinée a été marquée par un face-à-face tendu entre une centaine de lycéens et une dizaine de gendarmes. Deux jeunes ont été interpellés et placés en garde à vue à la brigade. Les forces de l'ordre ont procédé à plusieurs tirs de gaz lacrymogène et ont saisi un extincteur. À Nantes, quatre personnes avaient déjà été interpellées en début de matinée, selon les autorités. Ces arrestations s'inscrivent dans un contexte national marqué par une répression importante : entre le 28 septembre et le 5 octobre, plus de 5 000 personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre des manifestations lycéennes, dont 85 % de mineurs.

Les enseignants rejoignent le mouvement

Cette journée du 13 octobre était également marquée par une grève des enseignants, appelée par l'ensemble des syndicats de l'éducation (FSU, CGT, FO, CFDT, UNSA, SUD, Solidaires). De nombreux professeurs ont rejoint les cortèges à Nantes et Saint-Nazaire, amplifiant la mobilisation. Devant le lycée Guist'hau à Nantes, portes closes, lycéens et enseignants se sont rassemblés dès 9 h 30 avant de rejoindre le cortège principal. Au lycée professionnel Michelet, les CRS étaient déployés après une confrontation avec des lycéens en début de matinée.

À Saint-Nazaire, le cortège s'est élancé vers la sous-préfecture avec entre 1 000 et 2 000 participants, mêlant jeunes et membres de syndicats. L'accès au lycée Aristide-Briand était restreint, les élèves ne pouvant entrer qu'aux horaires de cours. Un incident a été rapporté lorsqu'un manifestant, qui n'était pas lycéen, a forcé le portail et encouragé les jeunes à entrer dans l'établissement.

Des revendications précises

Les manifestants réclament davantage d'enseignants et de personnel, la réduction des effectifs par classe, la rénovation des bâtiments scolaires, l'amélioration des emplois du temps et l'abolition de Parcoursup, la plateforme d'admission dans l'enseignement supérieur. Les lycéens dénoncent des conditions de travail dégradées : professeurs absents non remplacés, emplois du temps s'étalant de 8 heures à 18 heures, bâtiments vétustes avec infiltrations d'eau, fenêtres cassées, et dans certains établissements, présence de rats, cafards ou moisissures.

L'ampleur de la mobilisation est nationale : le 2 octobre, selon le ministère de l'Intérieur, 1 027 lycées étaient concernés par le mouvement sur les quelque 3 700 que compte la France, avec plus de 560 établissements perturbés et 400 fermés. Le mouvement a même franchi les frontières, avec des blocages signalés en Belgique (Wallonie et Bruxelles dès le 1er octobre) et en Italie (Rome à partir du 7 octobre).

Réponse politique attendue

Face à cette contestation, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que le gouvernement soumettrait des amendements au budget 2027 pour répondre à certaines revendications, promettant une réponse plus complète d'ici la fin octobre 2026. Les manifestants devaient se rassembler à Matignon ce 13 octobre pour interpeller directement le chef du gouvernement le jour de l'examen budgétaire.

La mobilisation a également reçu un soutien international avec la présence ce mardi matin de la militante suédoise pour le climat Greta Thunberg, 23 ans, au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis. L'activiste a exprimé son soutien à une génération « passée sous silence » et appelé à la justice sociale et environnementale.

Les perturbations dans les transports en commun ont accompagné cette journée de mobilisation, avec des lignes de bus affectées à Saint-Nazaire et à Nantes dès 9 h 30.

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