Éducation

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Nicolas Bertrand

Remplacement de Parcoursup annoncé pour 2028 : les enjeux pour les lycéens français à l'étranger

Le gouvernement prévoit de remplacer Parcoursup à la rentrée 2028, après une campagne 2027 assortie de nouvelles obligations de transparence. L'annonce du 26 octobre 2026 concerne aussi les candidats français scolarisés hors de France, mais le traitement de leurs parcours dans le futur dispositif r…

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En 2027, des refus expliqués et des critères plus accessibles

Pour une entrée dans l'enseignement supérieur français en 2027, Parcoursup restera la plateforme de candidature. Le ministère de l'Éducation nationale annonce toutefois de nouvelles obligations pour les formations : elles devront publier des critères d'examen des vœux compréhensibles et, à compter de juin 2027, expliquer chaque refus au candidat concerné.

D'autres changements sont prévus, selon Frandroid. Les formations ne pourront demander une lettre de motivation qu'à titre exceptionnel et devront justifier cette demande. Le simulateur permettant d'estimer ses chances d'admission lors du dépôt d'un vœu sera systématiquement proposé. Chaque académie doit également être dotée d'une commission de transparence chargée d'expliquer le fonctionnement local de la procédure.

L'accompagnement annoncé doit commencer dès la seconde, avec notamment des journées d'immersion dans l'enseignement supérieur. Le gouvernement prévoit aussi un droit à l'erreur dans les études, sans en avoir encore précisé les modalités.

Ces mesures portent sur une procédure dans laquelle les formations examinent elles-mêmes les candidatures. La documentation officielle de Parcoursup précise que leurs commissions, constituées principalement d'enseignants, appliquent les critères propres à chaque formation. Les traitements automatisés et les outils employés par les établissements doivent eux aussi faire l'objet de transparence.

À l'étranger, la procédure dépend du diplôme et de la nationalité

La résidence hors de France ne suffit pas à déterminer la démarche d'admission. La nationalité, le diplôme préparé et l'établissement fréquenté entrent en compte. À la rentrée 2026, le réseau de l'enseignement français à l'étranger coordonné par l'AEFE rassemble 640 établissements homologués dans 140 pays. Il accueille plus de 400 000 élèves, dont environ un tiers de Français et deux tiers d'autres nationalités.

Un élève qui prépare le baccalauréat français dans un établissement français homologué à l'étranger suit les grandes étapes de Parcoursup comme un candidat scolarisé en France. Son lycée lui communique l'identifiant permettant d'ouvrir son dossier, qui correspond au numéro d'inscription au baccalauréat. Une partie des données scolaires est déjà renseignée ; il lui reste à compléter sa candidature et à formuler ses vœux dans les délais. Les changements annoncés pour 2027 s'appliquent aussi à ces élèves, sans que d'éventuelles dispositions propres à leur scolarité à l'étranger aient été précisées.

Pour un Français préparant un diplôme secondaire étranger dans un établissement local, une candidature sur Parcoursup est également possible si la formation y est proposée et si ses conditions d'accès sont remplies. Lors de l'inscription, le candidat dépourvu d'identifiant national élève français (INE) doit choisir l'option prévue pour cette situation. Il peut renseigner ses bulletins en signalant une échelle de notation autre que celle sur 20. Selon la formation, le téléversement des bulletins peut aussi être demandé.

Les candidats étrangers scolarisés hors du réseau français ne suivent pas tous ces mêmes démarches. Selon leur nationalité et leur diplôme, certains relèvent d'Études en France ou d'une demande d'admission préalable (DAP), notamment pour accéder à une première année de licence avec un diplôme secondaire étranger. Les procédures applicables aux Français et aux Européens peuvent ainsi différer de celles imposées à des candidats non européens soumis à une admission préalable. Le site officiel de Parcoursup précise les publics concernés.

Pour les familles expatriées, ces formalités s'ajoutent à la préparation d'un éventuel départ, à la recherche d'un logement, à l'éloignement des établissements et aux questions d'équivalences scolaires. Les explications promises pour les refus pourraient les aider à comprendre les décisions. En revanche, aucune réponse officielle détaillée n'indique encore comment le futur dispositif évaluera les résultats étrangers, comparera des systèmes de notation différents ou prendra en compte les particularités des lycées français à l'étranger et des cursus locaux.

Pour 2028, des pistes sur l'orientation et les résultats scolaires

Le système appelé à succéder à Parcoursup n'est pas encore défini. Un comité associant lycéens, enseignants et ministres concernés doit en préparer les contours, avec de premières recommandations attendues d'ici à la fin novembre 2026. Le gouvernement n'a détaillé ni son fonctionnement, ni ses critères de sélection, ni les règles de comparaison entre dossiers scolaires français et étrangers.

Parmi les pistes évoquées figure un outil d'orientation intégrant de l'intelligence artificielle. Il pourrait exploiter les résultats des campagnes précédentes afin d'aider les lycéens à repérer des formations correspondant à leur parcours et à leurs aspirations. La place du lycée d'origine dans l'examen des candidatures est aussi en discussion, sur fond de critiques concernant les écarts de notation entre établissements.

Le contrôle continu doit également être réexaminé. Selon Frandroid, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a laissé entendre qu'il préférerait supprimer celui de première, sauf consensus contraire. Cette question suit un calendrier distinct de celui du remplacement de la plateforme : une décision est attendue début janvier pour la rentrée 2027.

Une réforme qui doit encore passer par la loi

L'échéance de 2028 reste celle d'un projet gouvernemental. Lancé en janvier 2018 après Admission post-bac (APB), Parcoursup gère les vœux de près d'un million de jeunes chaque année, selon Frandroid. Son remplacement nécessite une modification législative, puisque la plateforme repose sur la loi relative à l'orientation et à la réussite des étudiants (ORE) de 2018.

Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste reconnaît que l'adoption d'un projet de loi avant la fin du quinquennat demeure incertaine, rapporte Frandroid. Les deux tours de l'élection présidentielle sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027. Le texte doit être présenté en Conseil des ministres cet hiver. Auparavant, un débat sans vote sur l'avenir de Parcoursup est prévu à l'Assemblée nationale le mercredi 28 octobre 2026 à 17 heures, à la demande du gouvernement.

Un ensemble de mesures après cinq semaines de blocages

La réforme de l'admission fait partie de la réponse gouvernementale annoncée pour mettre fin à cinq semaines de blocages de lycées, selon le ministère et Frandroid. Le ministère indique aussi que plus de 100 000 contributions ont été recueillies dans la consultation Agora "Lycéennes, lycéens, vous avez la parole" et ont nourri les réponses présentées le 26 octobre.

Le même ensemble de mesures prévoit de limiter les classes de seconde à 28 élèves dès la rentrée 2027 dans les 50 % de lycées les moins favorisés, puis dans tous les lycées en 2028. Les bourses sur critères sociaux doivent par ailleurs être indexées sur l'inflation à partir de la rentrée 2027.

Dans l'enseignement supérieur, le gouvernement annonce 15 000 places supplémentaires entre 2027 et 2028 : 10 000 en BTS, 4 000 en BUT et 1 000 en licence portail santé.

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