Les ministres alertent sur la scolarité des lycéens et des étudiants
"Ma conviction profonde, c'est que nos jeunes ont besoin d'aller en cours", a déclaré Edouard Geffray sur LCI. Le ministre a opposé les appels au blocage de nombreuses personnalités extérieures à la nécessité, pour les lycéens, de réussir leur année. Il a rappelé les échéances qui concernent 800 000 élèves passant le baccalauréat en fin d'année et 800 000 autres préparant le bac de français, celui de mathématiques ou des épreuves de la voie professionnelle. Près de 700 000 élèves sont, par ailleurs, en seconde.
Sur Franceinfo, le ministre de l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a lui aussi demandé une reprise des cours en présentiel. Son inquiétude porte notamment sur les étudiants de première année de licence : selon lui, environ un sur deux abandonnera ses études. Il a souligné qu'ils n'avaient suivi que trois à quatre semaines de cours depuis la rentrée et redouté une "hécatombe".
Philippe Baptiste a toutefois précisé qu'il ne demandait pas aux étudiants de renoncer à leurs revendications. Des éléments ont été posés pour commencer à travailler, a-t-il assuré, en maintenant la possibilité de faire évoluer les réponses du gouvernement. Il a en revanche réclamé la fin des blocages et des violences.
Des annonces contestées et un retard reconnu
Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a soutenu jeudi matin la poursuite du mouvement. Selon lui, les lycéens ont "raison" de rester mobilisés, les réponses de l'exécutif étant "très largement insuffisantes".
L'Intersyndicale jeunesse réunit L'Union étudiante, La Fage, l'Unef et l'Union syndicale lycéenne. Elle porte dix revendications principales, évaluées à 10 milliards d'euros, parmi lesquelles la suppression de la sélection à l'université, l'ouverture de 250 000 places universitaires et une réforme des bourses.
Face aux critiques, Edouard Geffray a défendu les mesures gouvernementales tout en reconnaissant : "On aurait certainement dû être plus rapides". Il a expliqué que les responsables pouvaient prendre les décisions leur paraissant justes, puis estimer rétrospectivement qu'ils auraient dû agir autrement. La veille, dans un entretien diffusé sur la chaîne YouTube HugoDécrypte, Emmanuel Macron avait lui aussi admis ce retard : "Je vais être honnête avec vous, moi, je pense qu'on aurait dû aller plus vite, moi le premier".
Parcoursup : des changements avant le remplacement de la plateforme
Le dispositif présenté le 26 octobre 2026 sous l'autorité du Premier ministre, Sébastien Lecornu, prévoit de remplacer progressivement Parcoursup d'ici à 2028. Selon le ministère de l'Éducation nationale, un comité associant lycéens et enseignants aux ministres doit préparer le système qui lui succédera. Ses premières recommandations sont attendues avant la fin novembre 2026. Un débat parlementaire est prévu, pour une entrée en vigueur du nouveau système en 2028.
D'ici là, un groupe de réflexion examine les modifications possibles dès cette année, a indiqué Edouard Geffray sur LCI. Les travaux portent notamment sur la lettre de motivation, la justification systématique des refus et la transparence des algorithmes locaux. Le ministre a rappelé que remplacer Parcoursup nécessitait une loi.
Il a évoqué des transformations profondes en 2027, avant le remplacement prévu pour 2028, tout en soulignant que les responsables arrivant au pouvoir en mai 2027 pourraient revenir sur ce chantier.
Des classes moins chargées, des places et des postes supplémentaires
Le plan gouvernemental fixe à 28 élèves l'effectif maximal des classes de seconde générale et technologique. Cette limite doit s'appliquer à la rentrée 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis être étendue à tous les lycées à la rentrée 2028.
Dans le supérieur, le ministère annonce 15 000 places supplémentaires entre 2027 et 2028, avec une priorité donnée à l'Île-de-France. Cette hausse comprend 10 000 places en BTS dès la rentrée 2027, ainsi que 4 000 en BUT et 1 000 en licence portail santé.
Le gouvernement renonce également aux 836 suppressions de postes inscrites pour le second degré dans le budget 2027 et prévoit 500 postes de professeurs supplémentaires dans les lycées publics. Dès 2027, il entend aussi créer 500 postes de psychologues de l'Éducation nationale, d'infirmiers et d'assistants de service social, contre 300 initialement prévus, soit 200 de plus.
Les bourses sur critères sociaux doivent, quant à elles, suivre l'inflation à partir de la rentrée 2027. Le ministère chiffre les sommes supplémentaires versées aux boursiers, par rapport à 2026, à 37 millions d'euros en 2027, 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029.
La rénovation des bâtiments et les prochains rendez-vous
Pour les bâtiments scolaires, le plan prévoit une enveloppe de 4 milliards d'euros de prêts ÉduRénov mobilisable d'ici 2030 pour les lycées, ainsi que les collèges et les écoles. Un investissement de l'État de 1 milliard d'euros doit financer une cinquantaine d'opérations sur les campus universitaires d'ici 2029. L'ensemble représente 5 milliards d'euros.
Edouard Geffray a comparé les 4 milliards d'euros de prêts annoncés aux 1,5 milliard utilisés par les régions au cours des deux dernières années, soit, selon lui, presque trois fois plus. Il a estimé que l'ampleur de cette enveloppe n'était pas forcément perçue et annoncé une réunion, dans la journée, avec les régions, les associations lycéennes et des lycéens sur la rénovation du bâti scolaire.
Une rencontre des représentants des organisations lycéennes avec le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, avait également été annoncée pour jeudi à 15 heures.
Selon France 24 et l'AFP, la contestation a commencé le 17 septembre 2026 dans un lycée de banlieue parisienne, puis s'est étendue jusqu'aux grandes manifestations nationales du 17 octobre. Deux nouvelles journées d'action sont annoncées : le 31 octobre à l'appel des Gilets jaunes, puis le 5 novembre à l'initiative de l'intersyndicale.









